Publié le 07.12.2023

Décembre 2023

Le dialogue SRS vu par Cécile Michaut

Chaque mois, une actrice ou un acteur du dialogue entre sciences, recherche et société (SRS) en propose sa définition. Ce mois-ci, la parole est donnée à Cécile Michaut, journaliste scientifique, formatrice en vulgarisation et autrice de « Vulgarisation scientifique, mode d’emploi ».

Pour moi, le dialogue entre sciences, recherche et société est une œuvre collective. Personne ne sait tout, il faut faire appel aux compétences de chacun et chacune.

Cécile Michaut

Celles des scientifiques, bien sûr, qui produisent les connaissances nouvelles. Il est nécessaire de les former à mieux vulgariser et dialoguer, et de valoriser ces tâches dans leur carrière, plutôt que de les évaluer seulement sur leurs travaux scientifiques.

Mais les médiateurs et médiatrices scientifiques ont aussi leur rôle à jouer. Ce sont de véritables professionnels du dialogue science et société. D’autres intervenants ont toute leur place : vidéastes, dont certaines vidéos cumulent des millions de visionnages, concepteurs et conceptrices d’expositions ou de jeux, spécialistes des podcasts, webmasters, community managers, voire designers, comme celles et ceux avec qui a travaillé le physicien Julien Bobroff. Savez-vous qu’il existe même du théâtre scientifique ? En matière de dialogue science et société, tout est possible, la seule limite est notre imagination (et notre temps !).

Ce dialogue passe aussi par les journalistes. Ces spécialistes de l’information ont un rôle à part : garder un œil critique, fouiller, vérifier, questionner, exactement comme les journalistes traitant d’autres sujets. Ils sont au service des lecteurs, auditeurs et téléspectateurs, et non des scientifiques, ce qui peut parfois dérouter ces derniers.

Qui dit dialogue dit relation d’égalité. Le dialogue science et société nécessite de faire descendre la science de son piédestal, sans nier ses spécificités. On ne dialogue pas lorsque l’un des deux protagonistes a une position surplombante, et que l’autre se sent dominé. L’écoute, la bienveillance, la prise en compte des questionnements et des réticences des citoyens sont indispensables.

Auteur(s)

  • Journaliste scientifique, formatrice en vulgarisation et autrice